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Cap 2027 - La santé, moteur de la croissance. Sortir de la gestion de la pénurie pour investir dans le capital humain

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Septembre 2026

 

2027, l’année où la santé ne pourra plus attendre

 

En 2027, les Français n’éliront pas seulement un président. Ils décideront de ce qu’il advient de leur système de santé : la poursuite d’un modèle qui s’épuise en gérant les urgences au fil de l’eau, ou un investissement assumé dans la prévention et le travail. Ce choix ne peut plus être différé, car le malade, désormais, c’est le système lui-même. Les symptômes sont connus de tous : 6 millions de Français sans médecin traitant, 87 % du territoire classé en désert médical, des services saturés, des délais qui s’allongent.

 

Ce que l’on mesure moins, c’est ce que cette dégradation coûte à l’économie. En 2023, 42 % des salariés du privé se sont vu prescrire au moins un arrêt maladie.

 

L’absentéisme représente plus de 100 milliards d’euros par an, 79 millions de journées de travail perdues, des restrictions d’aptitude, des reconversions contraintes, des départs précoces. La mauvaise santé des Français est devenue un problème de compétitivité nationale.

 

Le paradoxe est que cette dérive ne s’explique pas par un manque de moyens. La France consacre 333 milliards d’euros par an à sa santé, 11,4 % de sa richesse, plus que la quasi-totalité de ses voisins.

 

Elle dépense beaucoup, elle dépense surtout mal. Le système paie la maladie, rarement son évitement : 40 milliards d’euros partent chaque année en actes non pertinents pendant que la prévention reste marginale et que la Sécurité sociale creuse un déficit de 21,6 milliards.

 

La France paie un système d’excellence et obtient des résultats moyens.

 

L’entreprise est la première victime de ces dysfonctionnements. Elle en est aussi la clé. Présente dans le quotidien de l’essentiel de la population active, elle voit les signaux faibles
avant l’hôpital et supporte directement le coût de l’inaction.

 

Elle peut devenir un territoire de prévention, réduire les effets des pathologies chroniques, mieux insérer les jeunes, les femmes, les personnes en situation de handicap, et surtout maintenir en emploi, ce qui demeure la meilleure protection contre le chômage et la désinsertion.

 

À une condition : que la puissance publique lui en donne les moyens.

 

C’est l’objet des dix-huit propositions de ce livre blanc, dont trois structurent l’ensemble.

 

Un passeport « prévention santé » universel, ouvert dès l’entrée dans la vie active, pour faire de la prévention un droit individuel et lisible.

 

Une loi-cadre de recomposition des métiers de santé, pour garantir l’accès à un professionnel en vingt-quatre heures.

 

Des accords de branche santé-prévention obligatoires, visant une baisse de 20 % de l’absentéisme en cinq ans.

 

Autour de ces piliers, une boîte à outils complète la transformation : nouveaux modes de rémunération, numérique en santé, financement pluriannuel.

 

Les candidats de 2027 devront dire ce qu’ils feront de ce constat. Ce choix engagera plus qu’un quinquennat, il engagera toute une génération.

 

Synthèse de nos propositions

  • Proposition phare n° 1 — Créer un passeport « prévention santé » universel, ouvert dès l’entrée dans la vie professionnelle
  • Proposition phare n° 2 — Adopter une loi-cadre de recomposition des métiers de santé pour garantir l’accès à un professionnel de santé en vingt-quatre heures
  • Proposition phare n° 3 — Signer un accord de branche santéprévention visant une baisse de 20 % de l’absentéisme en cinq ans

 

Les propositions techniques, la boîte à outils de la réforme

  • Proposition #4 - Créer un fonds national de prévention des addictions en entreprise
  • Proposition #5 - Accentuer l’inclusion des personnes en situation de handicap ou d’invalidité
  • Proposition #6 - Renforcer la santé des femmes dans le Plan santé au travail 2026-2030
  • Proposition #7 - Prévenir la santé mentale et climatique en entreprise
  • Proposition #8 - Créer un label « Entreprise engagée pour la santé au travail »
  • Proposition #9 - Sécuriser l’entrée des jeunes dans l’emploi et permettre aux seniors de transmettre leurs compétences plus longtemps
  • Proposition #10 - Créer « France Santé au Travail »
  • Proposition #11 - Sortir de l’exclusivité du paiement à l’acte
  • Proposition #12 - Faciliter l’accès rapide au médicament et à l’innovation utile
  • Proposition #13 - Multiplier par cinq les expérimentations de l’article 51 passant dans le droit commun
  • Proposition #14 - Déployer massivement le numérique en santé
  • Proposition #15 - Poursuivre la réforme de l’offre et de l’organisation des soins
  • Proposition #16 - Réformer l’articulation AMO/AMC pour optimiser la prévention sans créer une médecine à deux vitesses
  • Proposition #17 - Changer l’assiette du financement de la santé
  • Proposition #18 - Passer à un ONDAM pluriannuel pour donner de la stabilité au secteur