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Décembre 1981

 

Ce document, issu du fonds d'archives de l'Institut de l'Entreprise, est un exposé d' Alain Wolfelsperger, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, prononcé dans le cadre de la IVe session de l'Université d'été de la Nouvelle Economie (Aix-en-Provence, septembre 1981). S'appuyant sur les travaux non seulement d'économistes (F. Hayek, R. Nozick), mais aussi de philosophes (J. Rawls, K. Marx) et d'hommes politiques (L. Fabius), l'auteur s'interroge sur le dépérissement de la notion de «justice », en particulier de justice « sociale », dans les théories contemporaines. « Il y est beaucoup moins question d' « injustice » (au singulier) que d' « inégalités » (au pluriel). » La substitution des termes fait de la dénonciation des inégalités, et non pas de la revendication de la justice, le nouveau cœur du problème de la répartition des revenus et des richesses.

«  Mais du fait que l'on parle maintenant d'inégalités ne résulte-t-il pas que l'égalité – et non la justice – est devenue la norme de référence obligée ? L'anti-inégalitarisme ne se confond-il pas avec l'égalitarisme ? Les choses, en réalité, ne sont pas si simples. Ce n'est en effet pas un hasard si l'on est passé de la célébration d'une valeur positive (justice) à la critique d'une valeur négative (l'inégalité). L'égalitarisme n'est pourtant guère en vogue dans l'intelligentsia et chez les hommes politiques. Comment résoudre ce paradoxe (apparent ?) que la mode soit d'être à la fois contre les inégalités et contre l'égalité ? C'est possible, à condition de distinguer les inégalités (mauvaises) des différences (bonnes), et en se prononçant simultanément contre les premières et en faveur des secondes. »

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