Dès qu'il en a eu l'autorisation légale, le Groupe a converti une partie de ses chaînes de production pour fabriquer du gel hydroalcoolique à destination de différents acteurs, en premier lieu l’AP-HP dont les besoins exprimés étaient de 12 tonnes par semaines. Quatre sites du Groupe ont pour cela été mobilisés, ainsi que de nombreux collaborateurs, en un temps record. Si la technologie industrielle et les matières premières nécessaires à la fabrication de gel hydroalcoolique s’avèrent relativement similaires dans les industries cosmétique et pharmaceutique, le Groupe a été confronté à un défi logistique pour la fabrication de contenants adaptés et d’étiquettes. Le Groupe a également fait preuve d'une véritable gymnastique logistique pour coordonner la production, le transport par avion, et la livraison de millions de masques commandés à des fournisseurs étrangers et dont il fera don à l’État. Ces actions ont été permises par l'agilité d'un groupe familial, très rapidement engagé par son PDG Bernard Arnault, et la mobilisation de l'ensemble de ses collaborateurs, fiers de pouvoir prendre part à cette nouvelle initiative sociétale.

La conversion des chaînes de production pour fabriquer du gel hydroalcoolique 

Réservée jusqu’alors aux entreprises de la détergence et aux pharmaciens, la production de gels hydroalcooliques a été autorisée le 13 mars 2020, par arrêté du ministre de la Santé, à l’ensemble des entreprises du secteur cosmétique. Cette possibilité ouverte, LVMH, sur l’impulsion de son PDG, Bernard Arnault, a aussitôt décidé de convertir ses chaînes de production afin de fabriquer ce gel gratuitement et en grande quantité au profit, d’abord, de l’AP-HP (au Président de laquelle il est proposé dès le 14 mars au soir), puis pour d’autres structures de santé, sur la base d’une recette conçue par les équipes de LVMH Recherche à Saint-Jean-de-Braye, près d’Orléans. Après des échanges avec la pharmacie centrale de l’AP-HP dans la journée du dimanche 15 mars, les propriétés du gel ainsi fabriqué sont testées et la formule validée. Dans la foulée, les premiers essais sont réalisés sur les chaines de production. Le lendemain, lundi 16 mars, à 5h du matin, les équipes des sites [1] commencent la fabrication. Les premiers flacons quittent les entrepôts, dès ce même lundi, dans la soirée. 

Les technologies industrielles d’un site de production de cosmétiques sont très proches de celles d’un site pharmaceutique. La formulation des gels hydroalcooliques est par ailleurs constituée de matières premières traditionnellement utilisées dans l’industrie cosmétique (eau, alcool et glycérine). Le principal challenge pour chaque site aura plutôt été de trouver les contenants adéquats, un packaging immédiatement disponible sur place : « les équipes se sont débrouillées pour utiliser tout ce qui pouvait l’être en attendant l’arrivée de flacons standards ». Chaque site de production a ainsi improvisé (l’usine Dior a utilisé des flacons conçus pour des savons liquides, l’usine Guerlain a recouru à des tubes de crème etc.).  

La fabrication des étiquettes a également été un enjeu crucial : l’usine Guerlain à Orphin en avait la capacité industrielle. Elle a donc été mobilisée à son tour. Loin d’être un instrument de publicité, il s’agit là d’une obligation légale : tout fabriquant de produits cosmétiques ou pharmaceutiques a l’obligation de faire mention, sur le produit, de différents éléments, parmi lesquels son nom, la composition du produit ou encore ses règles d’utilisation. Pour protéger celui qui l’applique… 

Les besoins exprimés par l’AP-HP étaient de 12 tonnes par semaine. 20 tonnes de produit ont été produites la semaine passée. Un objectif de 50 tonnes sera atteint à la fin de cette semaine. Le Groupe a donc pu se mettre en situation de répondre à d’autres demandes (cf. infra). 

 

La commande et l’affrètement de masques 

Après avoir envisagé d’entamer une production de masques textiles (dans les usines du Groupe), solution qui n’était pas sans comporter de nombreuses difficultés, ne serait-ce que pour adapter les sites de production aux nombreuses contraintes nécessaires à leur homologation, le Groupe a décidé d’utiliser sa « force de frappe » pour obtenir rapidement auprès de fournisseurs étrangers des dizaines millions de masques. Une petite cellule s’est constituée autour de Claude Martinez, le patron de LVMH parfums et cosmétiques, avec un scientifique, un acheteur, un logisticien.  Plusieurs producteurs, en Chine, ont ainsi pu être identifiés par les équipes du Groupe déjà présentes dans ce pays. Définir un « sourcing » ne suffisait pas, néanmoins, à conclure la commande. Face à l’afflux de demandes, les fabricants demandaient en effet un paiement comptant de la première commande. Bernard Arnault a donc rapidement donné instruction de débloquer les sommes nécessaires : la commande a pu être confirmée. LVMH assurera, en outre, l’affrètement de la production, livrée sur une base logistique de l’État qui en assurera la distribution, ce qui n’est pas non plus une mince affaire, les avions de transports devenant plus rares et plus chers au fur et à mesure que le monde se mobilisait contre la pandémie. L’État, de son côté, a permis d’accélérer l’acheminement de la marchandise, en mobilisant les douanes et en affrétant de gros porteurs (des Antonov 24, les masques FFP2, davantage que les masques chirurgicaux, étant particulièrement volumineux,). « Coordonner production, transport par avion, livraison est une vraie gymnastique logistique qui demande des ajustements en permanence ». L’objectif est d’acheminer 40 millions de masques en France en un mois.  

 

La mobilisation des collaborateurs 

« C’est une véritable fierté de voir notre entreprise mobilisée, de la direction générale aux équipes de production » 

De nombreux collaborateurs - volontaires - ont été mobilisés de la fabrication à l’acheminement vers les destinataires finaux : « la participation de nos salariés a été exceptionnelle, presque au-delà des besoins ». Sur les sites de production, des personnels de bureau se sont proposés pour aider à empaqueter les produits. « Les équipes sont incroyablement fières de pouvoir faire quelque chose de concret afin de faire face à cette crise »

Le Groupe a ainsi pu utiliser ses propres ressources pour fabriquer, conditionner, acheminer vers les centres logistiques, puis jusqu’aux destinataires finaux, le gel hydroalcoolique. En limitant les intermédiaires, en maîtrisant la supply chain, cela a permis d’aller plus vite : c’est l’explication, notamment, des 36 heures seulement qui ont séparé la décision de production des premières livraisons à l’AP-HP. 

 

L’agilité d’un groupe familial engagé 

Le circuit de décision est court dans un groupe familial, lorsque son dirigeant peut rapidement engager l’entreprise. LVMH a ainsi été en capacité de décider rapidement et de mettre à exécution sans délai, ces projets de fabrication de gel, d’importation de masques et de respirateurs. 

S’il s’est récemment distingué par le don accordé par Bernard Arnault et sa famille pour aider à la reconstruction de Notre Dame, le Groupe fédère, une fois encore, avec cette nouvelle initiative sociétale, l’ensemble de ses collaborateurs qui se sentent « acteurs » et « fiers » d’y prendre part. 

 

Au-delà de l’AP-HP… 

Les besoins de l’AP-HP étant couverts en intégralité, le Groupe a pu également distribuer du gel hydroalcoolique aux hôpitaux proches de ses sites de production et aux pouvoirs publics (notamment à la Préfecture de police de Paris pour ses policiers) mais aussi aux établissements soumis à une forte tension, par exemple aux hôpitaux du Haut-Rhin ou à la compagnie Air France (pour les personnels effectuant des vols de rapatriement). Fortement sollicité par des démarches spontanées, le groupe s’efforce de répondre à de nouveaux besoins : « nous faisons le maximum pour monter en cadence et servir de plus en plus de services essentiels à l’État ». 

 

L’envie de faire plus 

Le Groupe étudie d’autres actions qu’il pourrait mener en réponse à la crise du Covid-19, notamment l’approvisionnement en tests de dépistage ou en respirateurs. « Tout ce qui pourra être fait pour aider l’État et les hôpitaux sera exploré. Il ne s’agit pas pour le monde économique de critiquer ou de remplacer l’État, mais au contraire, comme nous le faisons quotidiennement, depuis le 15 mars, avec la cellule de crise du ministère de la santé ou avec l’Élysée, de coopérer avec lui, de soutenir ses initiatives, de les amplifier : rien de plus normal, c’est le rôle d’un groupe comme LVMH, Groupe de luxe, certes, mais groupe européen et français avant tout, que de répondre, pour aider ces habitants, à ce grand appel à la solidarité qui monte du pays »

[1]. Quatre sites de production ont été mobilisés : l’usine Givenchy de Beauvais (0ise), l’Usine Guerlain de Chartres (Eure-et-Loir), l’usine des parfums Christian Dior de Saint-Jean-de-Braye (Loiret) et l’usine de Guerlain d’Orphin (Yvelines)

 

Marc-Antoine Jamet, secrétaire général du Groupe LVMH

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