La baisse d’activité du Groupe ADP, régulière depuis l’apparition du coronavirus en Asie, a connu une accélération drastique à l’annonce des mesures de confinement en France, jusqu’au point d’orgue du 31 mars qui a vu la fermeture temporaire de l’aéroport d’Orly – une première depuis son inauguration en 1961. En interne, 80% des 6 500 salariés du Groupe en France ont donc été placés en chômage partiel. Pour garantir la sécurité des personnels assurant la continuité du service, ADP a pu puiser dans un stock de masques FFP2, constitué depuis la crise sanitaire du H1N1, et a mis en place une cellule de crise dans chacune de ses trois plateformes (Roissy, Orly et Le Bourget). Dans le même temps, le Groupe a fait don de 87 iPads à l’hôpital Bichat, afin de permettre aux malades de garder un lien avec leurs proches, auxquels 177 autres, obtenus grâce à la participation d’Apple et du footballer Moussa Sissoko, parrain de la fondation ADP, viendront s’ajouter. Par ailleurs, de nombreux personnels, manutentionnaires et chauffeurs-livreurs notamment, se sont portés bénévoles pour apporter leur soutien à l’AP-HP et un don d’environ 200 000 masques chirurgicaux et 235 000 masques FFP2 a été fait à l’ARS d’Ile-de-France.

Enquête réalisée auprès de Laure Kermen-Lecuir, Directrice de l'Engagement Citoyen, Déléguée Générale de la Fondation du Groupe ADP et auditrice de la promotion 20 « RSE » de l’IHEE* 

Une activité en forte baisse impliquant des fermetures de sites

Le Groupe est impacté fortement et ce depuis le début de la crise, une grande partie des passagers transitant par l’un de ses trois sites (Roissy-Charles de Gaulle, Paris-Orly et Le Bourget) venant d’Asie et certains pays ayant depuis quelques semaines restreint voire interdit l’accès sur leur sol aux ressortissants français. La baisse du trafic est régulière depuis le mois de février, jusqu’à une chute drastique à l’annonce des mesures de confinement en France. « On a pu se préparer ».

L’activité est aujourd’hui réduite à environ 20%, et pourrait encore baisser légèrement. Un certain niveau d’activité sera néanmoins nécessairement maintenu par les activités de fret et cargo, particulièrement soutenues dans la période actuelle.

La fermeture temporaire de l’aéroport de Paris-Orly a été annoncée à partir du 31 mars (les terminaux 2 puis 3 avaient déjà été fermés). Seuls les vols sanitaires, gouvernementaux et les vols « nécessaires » - par exemple lorsque des vols auraient besoin d’être déroutés – seront accueillis, plus aucun vol commercial. Les rares vols encore en exploitation seront transférés à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle (dont une partie des terminaux a également été fermée), notamment ceux dédiés au rapatriement de quelques 20 000 Français expatriés (rapatriement principalement assuré par Air France, qui rapporte également de Chine du matériel).

C’est la première fois, depuis son inauguration en 1961, que l’aéroport d’Orly est fermé. « C’est un choc pour tout le monde. Personne n’avait imaginé qu’on pourrait un jour se retrouver dans une telle situation ».

 

Des parties prenantes proportionnellement impactées

En interne, 80% des 6 500 salariés du Groupe ADP en France ont été placés en situation de chômage partiel. Les dirigeants et les opérationnels assurent la continuité du service et se réunissent régulièrement (tous les mardis matin) pour faire un point de situation, mais également prévoir un relai si l’un d’eux venait à tomber malade.

Disposant d’un stock de masques FFP2 depuis la crise sanitaire liée au H1N1, le Groupe a pu en distribuer aux salariés assurant la continuité du service et fortement exposés (en contact avec des passagers ou d’autres collaborateurs, internes et externes au Groupe : toutes entreprises confondues, près de 100 000 salariés travaillent en même temps sur les trois plateformes de Roissy, Orly et Le Bourget). Trois cellules de crise, une par plateforme, ont été mises en place, afin d’assurer que les conditions de sécurité sont réunies.

Les compagnies aériennes (notamment Air France, dont l’aéroport Charles de Gaulle est le hub, mais aussi Transavia à Orly) sont évidemment très impactées, avec une majorité de leurs appareils cloués au sol. La surface de parking des aéroports a été complétée par la fermeture de certains « doublés » de pistes (dont l’historique piste Charly de l’aéroport d’Orly) et certains appareils ont été transférés sur le site de Paris-Vatry. « C’est étrange de voir tous ces avions au parking, ce n’est pas habituel ! ». La coordination entre le Groupe et les compagnies aériennes a été renforcée : un contact permanent est assuré à la fois au niveau des directions et sur le volet opérationnel. La fermeture de certains terminaux puis de l’aéroport d’Orly permet au Groupe de réduire les coûts, baisse immédiatement répercutée sur les compagnies aériennes (dont les charges se trouvent réduites).

 

Des actions sociétales renforcées

La direction de l’Engagement citoyen du Groupe est particulièrement sollicitée par ses partenaires historiques. « Nous avons vocation à fédérer nos parties prenantes. Aussi avons-nous fait appel à la communauté aéroportuaire pour mobiliser ses compétences ».

L’AP-HP a notamment exprimé un double besoin de fourniture de matériel (iPad) et d’un mécénat de compétence pour assurer un soutien logistique et informatique. Afin de permettre aux malades (auxquels les visites sont interdites) de garder un lien avec leurs proches, 87 iPads ont été offerts à l’hôpital Bichat grâce au fonds de dotation de la communauté aéroportuaire de Paris (dédié en temps normal à la formation et à l’insertion des jeunes). Moussa Sissoko, footballeur français parrain de la fondation ADP, a contacté le dirigeant de Cdiscount pour commander 100 iPads supplémentaires. La Fondation a par la suite sollicité Apple, qui a offert de reconditionner les 77 iPads dédiés aux espaces passagers des aéroports du Groupe devenus hors service, que la marque va par ailleurs se charger de livrer directement à l’AP-HP.

En ce qui concerne l’assistance logistique, de nombreux personnels (manutentionnaires et chauffeurs-livreurs notamment) se sont portés bénévoles afin d’apporter leur soutien à l’AP-HP, « et ce alors même qu’ils sont en situation de chômage partiel ».

La partie du stock de masques du Groupe non mobilisée pour ses salariés a été donnée à l’ARS [1]d’Ile-de-France, soit un don d’environ 200 000 masques chirurgicaux et 235 000 masques FFP2. « C’est normal, on doit cette solidarité ».

L’association des citoyens de Mayotte, également partenaire de la Fondation, a pour sa part demandé de l’aide pour acheminer du fret médical face à une situation sanitaire difficile. La Fondation a mobilisé son lieu de stockage sur la zone de Roissy-Charles de Gaulle et a pu, aux côtés d’autres partenaires (notamment le Groupe Bolloré pour la logistique et Air Austral pour le transfert), répondre à cette nouvelle demande. « La communauté aéroportuaire a immédiatement répondu à l’appel. Cette chaîne de compétences qui a su se mobiliser fait partie des bonnes nouvelles ». Tentant de répondre à tout besoin pour lequel il a des compétences, le Groupe ADP intervient également, à travers sa filiale HubOne,  en accompagnement de l’ANSSI [2].

 

Des perspectives encore incertaines

« Cette crise va forcément nous faire fonctionner différemment : on a compris qu’on n’était pas à l’abri ».

Le PCA [3] a rapidement été mis en route et une communication interne quotidienne a été mise en place pour informer et expliquer régulièrement aux collaborateurs du Groupe les nouvelles mesures prises (notamment la fermeture de l’aéroport d’Orly : « un travail de pédagogie était nécessaire »). La mise en œuvre du PCA permettra d’évaluer ce qui a bien ou mal fonctionné et de l’adapter en conséquence, « s’il y a une prochaine fois ».

Quoi qu’il en soit, il demeure certain que l’activité aéroportuaire ne redémarrera, en temps voulu, que progressivement : « on ne claque pas des doigts pour rouvrir un aéroport : il faut anticiper ». Anticipation également des contrôles sanitaires qui seront nécessairement mis en place à la reprise des vols commerciaux, qu’il va falloir concevoir et mettre en place. Si la question de la période à laquelle les aéroports et terminaux vont pouvoir rouvrir reste encore en suspens, « on essaie de garder espoir, en visant une réouverture mi-juin ».

 

Des nouvelles rassurantes du PDG du Groupe, Augustin de Romanet

En confinement depuis le 7 mars, après avoir été testé positif au Covid-19 (et souffert des symptômes qui y sont liés), Augustin de Romanet a pu depuis quelques jours reprendre son activité (bien qu’il ne l’ait jamais vraiment quittée). Le directeur général exécutif, Edward Arkwright, avait pu assurer la continuité de la direction en son absence.

*IHEE : Institut des Hautes Études de l’Entreprise. Pour en savoir plus, voir : ICI

Laure Kermen-Lecuir, Directrice de l'Engagement Citoyen, Déléguée Générale de la Fondation du Groupe ADP et auditrice de la promotion « 20 RSE de l’IHEE » 

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