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Italie : le chemin escarpé des réformes

Consolidation budgétaire et redressement économique en Europe

 L’Italie a durement subi la crise. Son économie a connu une double récession, dont elle porte encore les stigmates : le PIB est aujourd’hui inférieur de près de 9% à son niveau d’avant la crise, tandis que la dette publique a augmenté de plus de 30 points pour atteindre 135% du PIB. La crise a entrainé une hausse de la pauvreté et des inégalités territoriales. Ce serait toutefois une erreur de mettre cette situation sur le compte des politiques d’austérité. Bien que réel, l’ajustement budgétaire italien est sans commune mesure avec celui de l’Irlande ou de l’Espagne.

 En réalité, l’Italie paye le prix du statut d’ « homme malade de l’Europe » qui était le sien en 2007. Au cours des dix années précédentes, elle a connu la croissance du PIB par habitant la plus faible de la zone euro ; sa compétitivité s’est dégradée en raison de très faibles gains de productivité. C’est avec cet héritage que les gouvernements qui se sont succédé dans la péninsule depuis la crise ont cherché à rompre, tout en articulant la mise en œuvre d’importantes réformes structurelles avec l’effort de rigueur nécessaire pour corriger la trajectoire d’une dette publique devenue excessive. 

Si l’expérience italienne est riche d’enseignements, il en est un qui l’emporte sur tous les autres : un grand pays très endetté ne peut se permettre de perdre la confiance des investisseurs. Il doit démontrer qu’il a la volonté et la capacité de se réformer, qu’il en accepte les risques politiques. Et pour cela, décider et mettre en œuvre à temps les efforts manifestement nécessaires.