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DÉPENSE PUBLIQUE : L’état d’alerte

Réviser et réduire la dépense publique pour renouer avec la prospérité.

L’Institut de l’entreprise a mis en place un groupe de travail, présidé par Michel Pébereau, sur la situation des finances publiques. Il publie une note d’alerte à destination des candidats à la présidence de la République sur l’urgence d’une révision et d’une réduction de la dépense publique.

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La situation alarmante de nos finances publiques est presque absente du débat présidentiel. Dans la situation actuelle, notre déficit public va rester plus longtemps que prévu supérieur à 3 % du PIB. Cette situation est malheureusement ancienne. Nos finances publiques sont installées dans le déficit depuis plus de 40 ans. Ce déséquilibre résulte principalement d’une dérive de la dépense qui atteint désormais 57 % de notre production nationale (PIB), soit 13 points de plus que nos voisins allemands.

Pour faire face à cette dérive de la dépense, nous avons augmenté massivement nos prélèvements obligatoires qui dépassent 45 % de notre PIB en 2016, un niveau qui affaiblit la compétitivité de nos entreprises, pénalise l’emploi ainsi que l’attractivité de notre territoire. Le consentement des Français à l’impôt a atteint ses limites.

Nous avons donc financé la dérive de nos dépenses par la dette. Celle-ci frôle les 2 150 milliards d’euros fin 2016, soit près de 100 % de notre PIB et plus de 32 000 euros par habitant. Nous sommes vulnérables à une remontée des taux d’intérêt dont l’impact serait dévastateur pour nos comptes. La réduction de la dépense publique est un impératif. Pour conserver la confiance de nos partenaires européens et des investisseurs, nous devons démontrer notre volonté et notre capacité de réviser et réduire nos dépenses publiques.

Cette réduction doit être immédiate, transversale et pérenne. La révision et la réduction de la dépense doivent être une priorité pour le prochain Président de la République. L’efficacité et l’équité imposent que l’effort de réduction soit partagé par toutes les administrations publiques. Les travaux de la Cour des comptes, des inspections générales et des services compétents de l’État, proposent des pistes de réformes qui permettraient de diminuer notre dépense afin de la rapprocher de la moyenne européenne à environ 50 % du PIB. Les exemples européens récents l’ont montré : baisser la dépense publique est source de croissance économique à moyen terme.

Engager un redressement immédiat, ambitieux et continu des finances publiques nécessite à la fois une volonté et une décision politiques, une mise en œuvre concertée et une mobilisation de l’administration. La réforme ne peut être menée que grâce à la volonté claire du Président de la République. Placée auprès du ministre des finances et des comptes publics, n° 2 du Gouvernement, une structure dédiée devrait suivre ces réformes. Le Parlement devrait également être en mesure de contribuer à cette ambition, dans ses missions législatives, mais aussi d’évaluation et de contrôle, notamment à travers l’adoption de la clôture des comptes. Les réformes doivent être présentées de façon transparente aux citoyens, afin qu’ils soient à même de s’assurer de la réalisation des objectifs. Il est également indispensable de donner du sens aux réformes afin de garantir la mobilisation de tous les agents publics et leur motivation au service de la révision et de la réduction des dépenses.

L’objectif est clair : renoncer à notre préférence collective pour la dépense publique. Celle-ci doit devenir un instrument au service de la croissance économique et de la cohésion sociale. Cela suppose une véritable prise de conscience et une mobilisation de tous les Français.