Par Gilles Le Blanc, directeur du Centre d'économie industrielle (CERNA) de l'Ecole des Mines de Paris Avril 2005
Initiée conjointement par le Cercle de l’Industrie et l’Institut de l’entreprise, cette étude conduite par Gilles Le Blanc, directeur du Centre d’économie industrielle (CERNA) de l’Ecole des Mines de Paris, vise à éclairer les débats en cours sur la place de l’industrie dans l’économie française. Sur la base d'une analyse comparée des évolutions du secteur industriel en France et dans plusieurs pays de l'OCDE entre 1978 et 2002, elle met en évidence cinq phénomènes majeurs :
- Une réelle dynamique de croissance de l’industrie française. La valeur ajoutée industrielle connaît au cours de la période étudiée une croissance annuelle moyenne de 2,4%. Cette croissance reste toutefois moins rapide que celle de l’ensemble de l’économie, et en particulier du secteur des services, ce qui explique la diminution du poids relatif de l’industrie.
- L'importance de l'effort structurel de modernisation et de restructuration de l’appareil productif réalisé au cours des années 80. Cet effort a permis d’enrayer la baisse du poids de l’industrie dans le PIB, stabilisé autour de 17-18 %, et de restaurer la compétitivité de l’industrie française.
- L'ampleur du processus d'externalisation. La forte contraction de l'emploi industriel (-30% entre 1978 et 2002 soit -1,6 million d’emplois) est la conséquence logique des gains de productivité dans l’industrie. Cependant les statistiques industrielles ne prennent pas en compte l’ampleur du phénomène d'externalisation, qui s'est accéléré au cours des années 90, et qui a eu pour conséquence un transfert d’une part significative de la valeur ajoutée et des emplois du périmètre industriel vers la sphère des services.
- La recomposition de l'emploi industriel. Celle-ci résulte de deux phénomènes directement liés à la progression de la productivité : le déplacement des spécialités professionnelles et l’élévation générale du niveau de compétences.
- Le rôle croissant des investissements immatériels (R&D, formation, publicité, acquisition de logiciels) dans l’industrie
L’analyse comparée mise en œuvre par Gilles Le Blanc permet ainsi de mieux comprendre les interactions entre le mouvement de tertiarisation de l’économie française et les mutations de l’appareil industriel national.
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Pour aller plus loin
>> L'industrie dans l'économie (1981-2006) : une réalité pour notre avenir - Par Gilles Le Blanc (janvier 2009)
>> La France souffre-t-elle d'une mauvaise spécialisation industrielle ? par Gilles Le Blanc (mars 2007)
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