La crise actuelle aura sonné le glas de la longue période de discrédit de l’Etat et de déréglementation qui avait caractérisé les années 1978-2008, suite à l’échec des politiques de croissance "keynésiennes" mises en place après 1945. Toutefois, l’Etat garant en dernier ressort d’une économie en perdition verra la durée de son intervention dépendre du "récit" qui sera retenu quant aux origines de cette crise. Selon l’interprétation qui prévaudra – rôle central joué par les puissances publiques via leurs politiques monétaires expansionnistes et la faillite des autorités de régulation, ou logique court-termiste inhérente à des marchés financiers durable"ment discrédités – l’emprise de la puissance publique sur les économies occidentales pourra devenir pérenne ou rester seulement provisoire.
Se posera toutefois la question des moyens de la puissance publique, qui verra ses finances affectées par des tensions croissantes (recettes fiscales en baisse suite à la crise de 2008 et à l’attrition de la base fiscale constituée par des classes moyennes en voie de paupérisation, dépenses sociales croissant plus rapidement que le PIB avec le retour du chômage de masse et l’explosion des dépenses de soins liées au vieillissement de la population), ce qui pourrait alors conduire l’Etat à redéfinir le périmètre de son action. Au total, la prochaine décennie pourrait être marquée par le retour de la puissance publique, avec une incertitude sur la portée de son interventionnisme et ses conséquences à terme sur l’écosystème français.
Le groupe de travail s’attachera à préciser ce que pourraient et devraient être les interactions entre la sphère publique (niveaux européen, national et local) et les entreprises dans le monde de l’après-crise, compte tenu évolutions possibles de chacune des parties.
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